Suite au dévoilement du nouveau guide alimentaire canadien, nous avons reçu plusieurs questions concernant les changements et leur impact sur les recommandations au niveau de l’alimentation des enfants. Étant maman de 2 jeunes enfants, je devais réfléchir sur mon approche professionnelle et personnelle avant de vous donner mon avis.

 

Le GAC est un outil de santé publique qui répond aux besoins de la majorité de la population en santé et âgée de 2 ans et plus. Il illustre ce qu’on devrait manger pour être en santé et prévenir les maladies chroniques. C’est un outil que l’on adapte lorsque les besoins sont particuliers et que l’approche gagne être personnalisée, notamment avec les enfants. Je tiens à préciser que pour les nourrissons âgés de 0-6 mois et 6-24 mois il faut se référer aux recommandations sur la nutrition du nourrisson né à terme et en santé.

 

 

Le nouveau GAC, en gros

 

Inspiré du guide alimentaire brésilien (GAB) et l’assiette santé de Harvard, L’arc en ciel et ses 4 groupes alimentaires avec des portions prédéterminées laisse sa place à un visuel clair d’une assiette équilibrée pour traduire les recommandations nutritionnelles. C’est simple, pour être en santé, la moitié de ce qu’on mange devrait être constitué de légumes et fruits, le quart de l’assiette devrait composée de grains entiers et l’autre quart de « aliments protéinés » combinant les anciens groupes de viandes et substituts avec les produits laitiers et leurs substituts.  Alors on se retrouve avec trois groupes alimentaires au lieu de quatre.  L’eau est le breuvage mis de l’avant et c’est parfait ! Au-delà de ce que doit contenir l’assiette pour être en santé, le nouveau guide donne également des recommandations simples sur nos comportements alimentaires qui ont un impact sur la qualité des aliments dans notre assiette.

 

 

 

 

 

 

 

 

(Source : Gouvernement du Canada)

 

 

 

 

Quelques changements et l’impact sur l’alimentation des enfants et adolescents

 

 

 

1-Les végétaux sont à l’honneur !

 

 

 

L’assiette l’illustre clairement et c’est cohérant avec la science. « C’est beaucoup de légumes et fruits » me diront certains parents. Que faire si l’enfant ne prend que quelques bouchées de ses légumes ? Persévérez ! Continuez de présenter des légumes et fruits colorés et variés aux repas. L’enfant doit apprivoiser les aliments avant de les accepter. Loin des yeux, loin de la bouche ! Impliquez l’enfant dans l’élaboration du menu, l’inviter à la visite en épicerie et lui proposer de mettre les mains à la pâte sont tous des activités culinaires proposées par le GAC.

 

La variété de légumes frais ou leur prix est moins intéressant ? Variez la présentation des légumes en saison pour les réinventer. Par exemple : les courges, betteraves ou patates : en purée, en chips, en potage, marinées, rôties en lanières ou cubes, etc. Les légumes surgelés, en conserve (réduit ou sans sel) sont des choix pratiques également. N’oubliez pas que vous êtes un modèle pour votre enfant ; si vous lui présenter des têtes de violons dans son assiette et bien il va en avoir dans la vôtre aussi !  SOURIEZ !

 

 

 

2-Exit le jus de fruits !

 

Le jus de fruits, incluant celui pur à 100%, n’est plus considéré comme équivalent à une portion de fruit. L’eau est la boisson numéro 1. Je n’ai rien d’autre à ajouter là-dessus !

 

 

3-Les produits laitiers ne sont plus sur un piédestal !

 

« Où est passé le lait ? » m’a demandé le pédiatre de mes enfants ! Il est bien là, avec le yogourt, le fromage et les boissons végétales enrichies dans le groupe « aliments protéinés » incluant la viande, la volaille, les légumineuses, le tofu, les noix et les graines. Le lait apporte beaucoup plus que juste des protéines ; il est une source de calcium, de vitamine D et de vitamine B12. C’est un breuvage accessible, nourrissant facile à prendre et bien aimé des enfants. Est-il indispensable ? La réponse est non. Nous avons une diversité alimentaire qui peut nous procurer les nutriments que l’on retrouve dans le lait. Elle est là la nuance. Par exemple, du calcium il y en a dans les poissons avec arrêtes, dans certains légumes verts, les amandes, le tofu fait avec du sulfate de calcium, les boissons végétales enrichies comme la boisson de soya, etc. Alors vous pouvez continuer à offrir le lait aux repas ou inclure le fromage en collation ou le yogourt en dessert. Les produits laitiers ne sont plus sur un piédestal, car nous avons d’autres options tout simplement.

 

 

 

4-Fini la comptabilité des portions, parlons proportions !

 

En pratique, l’assiette équilibrée est un concept utilisé depuis des années par les nutritionnistes car c’est plus concret qu’un arc en ciel, on s’entend. Il a fallu trouver des trucs pour imager les portions de l’ancien guide : une rondelle de hockey de ça, un poing de ceci, deux doigts de cela. Ouf ! compliqué parfois…

 

Enfin, nous avons un guide qui présente des proportions et recommande de manger en écoutant ses signaux de faim et de satiété.  L’assiette est un outil que l’on adapte ; chez les enfants et mêmes les ados il est fréquent de proposer une assiette divisée en 3 parties égales, car elle reflète bien leurs besoins nutritionnels dans cette période de croissance.

 

Pour ceux qui m’ont vu en atelier ou conférence vont me reconnaître lorsque je dis que de 0 à 99 ans la quantité d’aliments consommée est gérée naturellement par la personne concernée uniquement.

 

 « Comment savoir si mon enfant a assez mangé ? » Simple, demandez lui ! Il est le maître des quantités. Lui seul sait s’il a assez mangé ; faites-lui confiance.

 

Les enfants naissent avec un « baromètre interne » qui leur permet de reconnaître et respecter leurs signaux de faim et satiété sans biais externe. C’est précieux et il est important de ne pas interférer avec l’écoute de ces signaux en évitant de faire l’avion avec la cuillère, de vouloir rentrer le camion dans le garage, d’insister pour la bouchée de plus pour mamie (vous comprenez ce que je veux dire). Vous être responsable de la qualité des aliments et de l’ambiance. PAS TOUCHE la quantité. Certaines conditions médicales nécessitent une approche plus personnalisée, consultez au besoin.

 

 

5-Conseils sur le « QUOI » + « COMMENT » manger

 

En plus de l’assiette équilibrée, le GAC propose 7 grands conseils concernant l’alimentation. Cuisiner plus souvent, partager nos repas en bonne compagnie, rester vigilant face au marketing alimentaire et manger moins transformé sont quelques exemples à appliquer chez les petits et grands. Je crois que la table est mise pour un mangeur curieux, sensible et à l’écoute de ses besoins.

 

À retenir :

 

  • Le GAC est un OUTIL illustrant ce qu’on devrait manger pour être en santé et prévenir les maladies chroniques. Si vous avez une condition médicale, ce guide sera adapté à vos besoins
  • Les enfants ne sont pas des mini adultes et des ajustements peuvent être nécessaires
  • Le guide a le pouvoir d’influencer les politiques en alimentation. C’est un guide pour les garderies, les centres hospitaliers, les écoles, etc. Imaginez-vous avoir des cours de cuisine dans nos écoles ! il est recommandé de cuisiner plus souvent ; je lance l’idée dans l’univers !
  • Mangez varié et suffisamment, en écoutant vos signaux de faim et satiété
  • Le plaisir a sa place à table autant que les végétaux (car il y en a beaucoup !)

 

 

Ma touche perso : ajoutez le plaisir de bouger !

 

 

Cosette Gergès, Nutritionniste en pédiatrie

 

 

 

 

Références :

 

 

 

Lignes directrices canadiennes en matière d’alimentation à l’intention des professionnels de la santé et des responsables des politiques

 

 

 

Le nouveau Guide Alimentaire Canadien